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Portrait

Avril 2005
 
 

Entretien avec S.E. Madame Amina Chawahir Mohamed :
les trois défis de l’OMC en 2005

Conseil général

S.E. Mme Mohamed préside depuis le 15 février 2005 le Conseil général de l’OMC. Première femme à occuper ce poste depuis la création de l’OMC—il faut aussi remarquer que pendant l’existence du GATT aucune femme n’a été élue à cette fonction—il paraissait essentiel de recueillir ses impressions au lendemain de son élection à cette prestigieuse fonction. D’autant plus que dès son discours inaugural, S.E. Mme Mohamed a souligné que cette année serait une année charnière pour l’OMC et pour l’ensemble de ses membres qui auront à relever trois défis majeurs : la préparation et l’organisation de la sixième Conférence Ministérielle à Hong Kong, Chine, en décembre prochain, la nomination du nouveau Directeur général et l’achèvement des négociations lancées à Doha en novembre 2001.

S.E. Mme Mohamed s’est déclarée très honorée d’avoir été désignée par le Groupe africain, mais également par l’ensemble des membres de l’OMC.

Par ailleurs, compte tenu des enjeux, il est important, selon S.E. Mme Mohamed, que tous les membres, y compris les pays les plus pauvres, prennent des engagements dans les négociations notamment dans celles relatives à l’accès aux marchés pour les produits non agricoles (NAMA), à la facilitation des échanges, et aux services, afin d’atteindre les objectifs fixés. « Nous devons pleinement intégrer les questions de développement dans le système commercial multilatéral » a affirmé S.E. Mme Mohamed.

Le processus de désignation du prochain Directeur général de l’OMC est désormais lancé. S.E. Mme Mohamed a rappelé les règles qui prévalent désormais à cette désignation. Elles permettent, a-t-elle souligné, d’assurer la pleine transparence et la participation de tous les membres de l’OMC à tous les stades du processus, et s’est félicitée de ces règles.

S’agissant du profil du futur Directeur général, S.E. Mme Mohamed estime que ce dernier devra réunir quatre qualités essentielles : être accepté par l’ensemble des membres de l’OMC ; bien connaître l’Organisation ainsi que les questions relatives au commerce international, mais aussi posséder une solide expérience au sein du système multilatéral. Le choix sera d’autant plus difficile que les quatre candidats présélectionnés sont tout à fait qualifiés pour le poste a-t-elle rajouté.

Programme de travail de Doha

S.E. Mme Mohamed s’est tout d’abord réjouie de l’intérêt croissant que portent les pays en développement aux négociations en cours. Après un ralentissement ces dernières années, il est tout à fait raisonnable de penser que les travaux pourront être achevés d’ici à la fin de l’année 2006 au plus tard, si la pression demeure constante sur les négociateurs. D’autre part, S.E. Mme Mohamed ne croit pas qu’il faille traiter la question des services dans un autre cycle de négociations.

L’Ambassadeur Mohamed a évoqué les préoccupations communes des pays en développement dans les négociations. Elles comprennent entre autres  : un meilleur accès aux marchés pour leurs produits ; une assistance technique renforcée pour améliorer leurs capacités commerciales ; un soutien urgent en vue d’améliorer leurs infrastructures, mais aussi pour renforcer l’efficacité des dispositions relatives au traitement spécial et différencié  ; le besoin de flexibilité dans les accords  ; la lutte contre l’érosion des préférences ; et enfin la nécessité de simplifier les règles, notamment les règles d’origine.

En définitive, S.E. Mme Mohamed a souligné les engagements déjà pris par de nombreux pays en développement comme le Kenya en matière d’ouverture de leurs marchés, notamment dans le domaine des services, des télécommunications ou encore de l’assurance. Elle a rappelé que ces secteurs étaient totalement ouverts aux investissements étrangers. « Nous souhaitons que les pays industrialisés en fassent de même à notre égard et en particulier pour les produits d’un intérêt capital pour nos pays ».

MICRO-PORTRAIT

Nom :

S.E. Mme Amina Chawahir Mohamed

Fonctions actuelles :

- Ambassadeur, Représentante permanente du Kenya auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève.

- Présidente du Conseil général de l’OMC

Formation :

- Diplômée de la Kenyan Law School, de la Kiev State University et du Keble College Oxford. Elle a également suivi une formation en droit international dans le cadre du Programme de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR).

Carrière :

- Conseillère juridique auprès du Ministère kenyan des Affaires étrangères

- Conseillère juridique auprès de la Mission permanente du Kenya à l’ONU à New York

- Coordinatrice du Groupe africain à l’OMC

- Présidente de l’Organe de règlement des différends

- Présidente de la Conférence du désarmement

- Présidente du Conseil de l’OIM

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S.E. Mme Mohamed a représenté le gouvernement du Kenya dans de nombreuses organisations internationales ainsi que dans une multitude de réunions et de conférences internationales de très haut niveau. S.E. Mme Mohamed est également experte des questions relatives aux droits de l’Homme, aux réfugiés ainsi que des questions liées à la protection de l’environnement et au développement durable.

 

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