Compte rendu de réunion
Journée de l'ACICI dans le cadre de la Semaine de Genève pour les
Non-Résidents
(tenue à la Salle W, Centre William Rappard, Genève, le 9
mai 2004)

I.
Introduction
1. Le présent document est un bref rapport de la Journée
de l'ACICI dans le cadre de la Semaine de Genève pour les non-résidents.
Cette Journée avait pour but d'informer les membres et les observateurs
de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) non-résidents des progrès
accomplis sur les questions du Programme de travail de Doha faisant
l'objet de négociations ou de débats et présentant un intérêt particulier
pour les pays les moins avancés (PMA). La dernière partie de ce rapport
présente les éléments marquants du programme de la Semaine de Genève
organisée par l'OMC.
II. Négociations actuelles sur l'agriculture - M. Rajesh Aggarwal (Mission
permanente de l'Inde) *
2. Avant de décrire l'état
actuel des négociations sur l'agriculture, M. Aggarwal a présenté,
dans leurs grandes lignes, les évolutions survenues depuis la mise
en place du Programme de travail de Doha, en accordant une attention
particulière à la période préparatoire de la Conférence ministérielle
de Cancún qui s'est tenue en septembre 2003.
3. M. Aggarwal a examiné
les différences entre la proposition conjointe des Communautés européennes
(CE) et des Etats-Unis présentée le 13 août 2003 à Genève [Note
1] et la série de projets de modalités distribués en février et
mars 2003 par le Président du Comité de l'agriculture, réuni en session
extraordinaire, M. Stuart Harbinson [Note 2].
4. Alors que le document
Harbinson avait envisagé le retrait progressif de toutes les subventions
à l'exportation sur une période donnée, les CE et les Etats-Unis examinaient
encore deux points controversés : i) le niveau de réduction des
subventions à l'exportation dans l'UE et ii) son parallélisme avec
la réduction d'autres formes de subventions à l'exportation, notamment
de l'élément subvention présent dans les accords relatifs aux crédits
à l'exportation tels qu'ils sont accordés par les Etats-Unis.
5. Au sujet du soutien
interne, le document Harbinson avait prévu des réductions de 60 pour
cent dans la catégorie orange et de 50 pour cent dans la bleue. Après
la réforme de la Politique agricole commune (PAC), les CE étaient
en mesure de réduire la catégorie orange de 50 à 60 pour cent et de
transférer ces versements dans la catégorie verte. La proposition
conjointe a permis aux Etats-Unis de transférer leurs versements anticycliques
de la catégorie orange à une catégorie bleue redéfinie, à laquelle
ils n'avaient pas recours auparavant. Les réductions plus importantes
du soutien interne dans la catégorie orange reflétaient la demande
pressante des Etats-Unis quant à une harmonisation des niveaux de
soutien interne entre les CE et eux-mêmes.
6. Concernant l'accès aux marchés, le texte conjoint
a introduit l'approche dite « de la formule mixte » [Note
3]. M. Aggarwal a expliqué que des analyses quantitatives basées
sur des hypothèses raisonnables [Note 4] révélaient que si cette approche était appliquée, les Etats-Unis
et les CE effectueraient des réductions moyennes de l'ordre de 17
à 38 pour cent, tandis que les régimes tarifaires des pays en développement
seraient réduits en moyenne de 45 à 68 pour cent. Dans l'ensemble,
la proposition conjointe des CE et des Etats-Unis entraînait des réductions
minimales du soutien interne de la part des Etats-Unis, des réductions
de la part des CE seulement dans le cadre des réformes de la PAC,
peu d'accroissement des possibilités d'accès aux marchés des pays
développés et une ouverture substantielle des marchés des pays en
développement aux exportations subventionnées provenant de pays développés.
De nombreux pays en développement avaient affirmé que cela représentait
un traitement spécial et différencié inversé.
7. M. Aggarwal a expliqué
que les pays en développement s'étaient réunis dans le Groupe des
20 (G-20) durant la période préparatoire de la Conférence ministérielle
de Cancún, en réaction à l'initiative des CE et des Etats-Unis. Après
la déconvenue de Cancún, les négociations sur un cadre, dans le Comité
de l'agriculture, avaient relativement progressé concernant les subventions
à l'exportation et le soutien interne mais aucune avancée n'avait
été enregistrée en matière d'accès aux marchés. Il est cependant apparu
que les CE se sont montrées officieusement disposées à commencer à
négocier une date butoir précise pour l'élimination des subventions
à l'exportation, à condition que les Etats-Unis et les pays dotés
d'entreprises commerciales d'Etat éliminent leurs subventions de ce
type.
8. Au sujet du soutien
interne, les CE et les Etats-Unis avaient convenu d'effectuer un plafonnement
spécifique par produit des niveaux actuels de la catégorie orange
mais la question de l'élimination éventuelle du soutien aux produits
cruciaux pour les pays en développement, comme le coton, était toujours
en cours de négociation. M. Aggarwal a déclaré que le G-20 continuait
à encourager l'ajout de critères dans la définition du soutien interne
relevant de la catégorie bleue et incitait à des réductions globales
dans les catégories et les seuils de minimis.
9. Enfin, M. Aggarwal a
signalé mais qu'il escomptait que des préférences commerciales soient
mises en évidence par un document cadre convenu, en tant que question
à reporter au stade suivant des négociations sur les modalités.
10. Un participant a demandé
des renseignements sur la question de la compensation pour les pays
bénéficiant actuellement de préférences, telles que celles en place
entre les CE et le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du
Pacifique (ACP), lorsque ces dernières prennent fin ou sont affectées
par une réduction générale des tarifs agricoles. M. Aggarwal a indiqué
qu'un débat intense avait été déclenché à l'OMC par les membres. Des
pays en développement ayant des intérêts à l'exportation n'avaient
rien objecté aux préférences en tant que telles mais étaient préoccupés
par la réexportation de ces produits vers des marchés tiers, ce qui
engendre une double distorsion. M. Aggarwal a déclaré que le sujet
de la compensation resterait très probablement une question bilatérale
entre les CE et les pays du Groupe des Etats ACP.
III. Le commerce des services : M. Falou Samb,
Cadre associé, ACICI
11. M. Samb s'est tout
d'abord référé à la décision de septembre 2003 relative au traitement
spécial et différencié en faveur des pays les moins avancés (PMA)
[Note 5]. Cette décision
renforce le traitement spécial prévu dans l'Accord général sur le
commerce des services (AGCS) pour les pays en développement, ce que
M. Samb a qualifié de « super traitement spécial et différencié ».
Outre la mise à disposition d'une assistance technique, la décision
recommande que les requêtes et les offres, présentées conformément
au paragraphe 15 de la Déclaration de Doha, soient en adéquation avec
le niveau de capacités de développement et institutionnelles des PMA.
Les négociations se font sur un plan bilatéral, par le biais de requêtes
et d'offres.
12. M. Samb a expliqué
que les PMA avaient identifié des secteurs et des modes de livraison
relatifs aux services qui présentent un intérêt particulier pour eux.
Selon lui, il est nécessaire de définir les intérêts offensifs et
défensifs des pays dans le cadre d'une évaluation approfondie et d'identifier
les secteurs dans lesquels certains intérêts doivent être sauvegardés.
Lorsque des négociations ont lieu au niveau bilatéral ou régional,
il est également nécessaire d'évaluer les secteurs pour lesquels la
libéralisation servirait les intérêts des pays. Parfois, des concessions
faites sur une base bilatérale ou régionale vont plus loin que celles
de l'OMC.
13. M. Samb a mis en évidence
le vaste potentiel en matière de commerce des services que le Mode
4, relatif au mouvement naturel des personnes physiques, représente
pour les pays en développement. Il s'est référé à un rapport publié
par la Banque mondiale, qui a calculé que les fonds envoyés par des
travailleurs étrangers vers leur pays d'origine avaient atteint 80
milliards de dollars en 2002, un montant pour la première fois supérieur
au volume de l'aide au développement. Les pays hôtes et les pays d'origine
devaient encore convenir des moyens permettant de faire du Mode 4
un mode de livraison plus dynamique pour le commerce des services.
14. M. Samb a expliqué
que les négociations sur le commerce des services touchaient une multitude
de domaines et qu'il était donc primordial de prendre en considération
les intérêts concernés. Des gouvernements avaient trouvé utile de
rassembler un large éventail de parties intéressées afin de formuler
les offres liées aux services et de répondre aux requêtes dans le
contexte des négociations.
15. M. Samb a indiqué qu'actuellement,
les secteurs ou les modes présentant un intérêt particulier pour les
PMA ne faisaient pas l'objet d'offres de la part des pays développés,
et que les PMA ne participaient pas activement à ce processus par
le biais d'offres ou de requêtes appropriées. Le seul élément nouveau
dans les négociations multilatérales concernait l'extension du délai
de négociation pour la clause de sauvegarde en matière de commerce
des services. Il a été décidé de faire coïncider la fin de ces négociations
avec l'aboutissement de celles sur le commerce des services en général.
S'agissant des autres éléments de négociation dans ce domaine, aucun
progrès notable n'avait été enregistré.
IV. Compte rendu de la réunion des Ministres du
commerce des pays les moins avancés à Dakar : M. Samb
16. M. Samb a rappelé que
la réunion faisait suite à celle de Dhaka (Bangladesh) qui s'était
tenue du 31 mai au 2 juin 2003 et avait défini les positions des PMA
pour la Conférence ministérielle de l'OMC à Cancún. Des progrès ont
pu être enregistrés, principalement sur les Questions de Singapour,
la liste des produits présentant un intérêt à l'exportation pour les
PMA et bénéficiant de subventions des pays développés, l'accès aux
marchés et le coton.
17. Les Ministres du commerce
des PMA ont officiellement demandé d'exclure des négociations trois
des Questions de Singapour (commerce et investissement, commerce et
concurrence et transparence des marchés publics). Un débat a eu lieu
quant à l'opportunité de les retirer purement et simplement de l'agenda
de l'OMC ou de les exclure seulement des négociations dans le cadre
du Programme de travail de Doha. La question n'a pas été tranchée
et la réflexion doit se poursuivre à cet égard.
18. Néanmoins, les ministres
des PMA ont accepté de procéder à des négociations sur la facilitation
des échanges, ce qui représente un progrès majeur par rapport à la
Déclaration de Dhaka. En contrepartie, les PMA ont posé certaines
conditions, en exprimant notamment leur désir d'être exemptés de tout
recours à l'Organe de règlement des différends en matière de facilitation
des échanges.
19. Deuxième nouveauté
par rapport à la réunion de Dhaka, un accueil plus favorable a été
réservé à la proposition de l'Union européenne (UE) d'accorder la
priorité à l'élimination des subventions relatives aux produits qui
présentent un intérêt à l'exportation pour les pays en développement.
Des efforts conjoints de la part des pays développés et en développement
sont la clef du succès dans ce domaine. M. Samb a expliqué que
l'UE était prête à faire progresser la situation sur certains points,
à condition que les pays en développement et les autres pays développés
fassent des efforts de leur côté.
20. Les PMA ont clairement
exprimé leur souhait de voir consolidé l'accès aux marchés qui a été
octroyé dans le cadre de la Loi sur la croissance et les possibilités
économiques de l'Afrique (AGOA) ou de l'initiative « Tout sauf
les armes ». Les PMA ont exprimé leur souhait que les initiatives
relatives à l'accès aux marchés, prises jusqu'ici par les Etats-Unis
ou l'UE, soient consolidées et rendues obligatoires.
21. Une évolution s'est
dessinée dans le cadre de la réunion de Dakar concernant le coton,
puisque les PMA, et en particulier les quatre pays signataires de
l'initiative sectorielle, semblent envisager la possibilité de traiter
cette question dans le cadre des négociations sur l'agriculture, à
condition que des garanties soient données quant à une résolution
rapide du problème du coton.
22. Un participant a souligné
que les PMA craignaient qu'il ne soit exigé d'eux, dans le cadre de
l'accession, des engagements plus importants que ceux pris par les
pays membres fondateurs de l'OMC. M. Samb a rappelé qu'il existait
une décision facilitant le processus d'accession des PMA, et qu'il
conviendrait de l'appliquer. Il est indispensable pour ces pays de
recevoir traitement spécial, permettant des obligations moins strictes
et des périodes de mise en ouvre plus longues.
V. Programme de travail sur les petites économies
(M. S. Palayathan, Mission permanente de Maurice)
23. M. Palayathan a commencé
par décrire sommairement les évolutions qui ont conduit à la mise
en place du programme de travail sur les petites économies, prévu
au paragraphe 35 de la Déclaration ministérielle de Doha. Il a ensuite
identifié les trois principaux sujets de préoccupation pour les petites
économies dans le système commercial multilatéral : i) l'existence
de problèmes spécifiques aux petites économies ; ii) le besoin
de différencier les mécanismes relatifs aux obligations multilatérales
pour répondre à ces problèmes ; et iii) la nécessité que tous
les membres de l'OMC comprennent en profondeur cette question.
24. M. Palayathan a souligné
que la compatibilité avec le SMC constituait la question la plus pertinente
qui touche tous les niveaux de mesures spéciales potentielles en faveur
des petites économies.
25. Les petites économies
ont rencontré d'importantes difficultés pour s'adapter aux exigences
de la libéralisation et demandé une prise en considération spéciale
dans la mise en ouvre des règles et des Accords de l'OMC. Ces derniers
ont été conçus de manière à prendre en compte les différents niveaux
de développement des membres de l'Organisation. Le traitement spécial
et différencié, en tant qu'élément d'un système transparent et vérifiable
de différenciation, a permis aux pays en développement d'être « autonomes »
dans certains secteurs de l'économie mondiale et leur a offert une
certaine marge de manouvre dans d'autres pour le développement complet
de leur potentiel. M. Palayathan a affirmé qu'à cette fin, les périodes
de transition octroyées aux pays en développement pour mettre en ouvre
les Accords de l'OMC devaient être complétées par des mesures additionnelles
différenciées.
26. Des mécanismes de différenciation
ont été appliqués avec grand succès à travers toute l'histoire du
GATT / de l'OMC, notamment dans le cas de la Nouvelle-Zélande et de
l'Australie, qui bénéficiaient de préférences commerciales jusqu'à
ce que ces dernières deviennent obsolètes en raison du niveau de développement
atteint par ces pays. De plus, de nombreux pays développés ont continué
à accorder un soutien interne à leur secteur agricole en faisant valoir
que cela était estimé être dans l'intérêt national. M. Palayathan
a souligné, par conséquent, que l'existence de produits ayant une
importance particulière pour les pays aux ressources limitées devait
être également reconnue et prise en considération. Un « système
à deux vitesses » procurant une « échelle » aux pays
en développement était non seulement compatible avec les règles du
Système commercial multilatéral, mais aussi étaient, de fait, ancrées
dans ces dernières.
27. Dix-sept propositions
avaient été présentées par des pays entrant dans la « non catégorie »
des petites économies. M. Palayathan a attiré l'attention sur les
propositions relatives à l'accès aux marchés et à l'assistance technique.
Il s'est félicité des initiatives largement soutenues au sein de l'OMC
visant à permettre aux organisations régionales et intergouvernementales
d'aider les petites économies à s'adapter aux disciplines et mécanismes
de différenciation de l'OMC. La tendance des petites économies à mettre
en commun leurs ressources, comme l'a montré le récent établissement
du Forum des Iles du Pacifique (PIFS) à Genève, a constitué un excellent
moyen d'optimiser les capacités administratives limitées de ces pays.
28. Etant donné que la
plupart des petites économies avaient une part très faible dans le
commerce mondial, M. Palayathan a déclaré impossible que ces pays
aient un impact substantiel, en termes de distorsion des échanges,
sur le reste du monde. Il a ajouté que les contraintes en matière
de ressources et la vulnérabilité des petites économies soulignaient
la nécessité pour ces pays d'obtenir davantage de marge de manouvre
politique et de flexibilité vis-à-vis des disciplines multilatérales.
29. Un participant a demandé
de clarifier les motifs des pays en développement qui ont des réserves
par rapport à la création d'une nouvelle catégorie de pays à l'OMC.
M. Palayathan a expliqué que malgré des progrès importants concernant
la compréhension du problème par de nombreux membres de l'OMC, il
était nécessaire d'amener certains pays en développement à prendre
conscience que les petites économies étaient incapables de profiter
des mécanismes de différenciation dans le cadre du système actuel
et que des mécanismes spéciaux pour affronter ce problème étaient
réalisables sans la création d'une nouvelle catégorie en concurrence
avec les autres. M. Palayathan a rappelé aux participants que la Semaine
de Genève constituerait une excellente occasion pour poursuivre le
débat sur le sujet et contribuer aux négociations de la session spécifique
du Comité du commerce et du développement (CCD) sur les petites économies.
VI. Evènements de la Semaine de Genève pour les non-résidents
30. Le Secrétariat de l'OMC a organisé, dans le cadre
de la Semaine de Genève, une série d'évènements supplémentaires délivrant
davantage d'informations sur les questions faisant l'objet de négociations
à l'OMC et sur le bilan des progrès accomplis dans les différents
organes de négociation de l'Organisation. Par ailleurs, des participants
ont eu la possibilité de suivre les négociations et d'y participer
directement en assistant aux sessions des organes de négociation,
notamment l'Organe de règlements des différends réuni en session extraordinaire,
le CCD, le Groupe de négociation sur l'accès aux marchés, ainsi que
la session spécifique du CCD sur les petites économies.
A. Session d'information sur les Questions relatives au développement
traitées dans le cadre des négociations au titre du Programme de Doha pour le développement
31. La Division du développement de l'OMC a tenu une
session d'information sur le thème suivant, lundi 10 mai 2004 : Questions relatives au développement traitées dans le cadre des
négociations au titre du Programme de Doha pour le développement. Des présentations ont exposé la situation actuelle dans le CCD,
dans la session spécifique du CCD sur les petites économies et dans
le Groupe de travail du commerce et du transfert de technologie.
32. La présentation sur la session spécifique du CCD
sur les petites économies a abordé les préoccupations des membres
de l'OMC quant à la création d'une nouvelle catégorie de pays au sein
de l'Organisation et la question de l'entrée des membres dans la « non
catégorie » par le biais d'un mécanisme d'auto-déclaration ou
externe. Nombre de participants ont souligné que les petites économies
devaient recevoir davantage d'assistance technique. Ils ont suggéré
de le faire en élargissant le Cadre intégré pour les PMA afin de couvrir
également les petites économies vulnérables. Une assistance technique
supplémentaire était nécessaire pour traiter les contraintes liées
à l'offre ainsi que les obstacles techniques au commerce (OTC) et
les mesures sanitaires et phytosanitaires.
33. Les délibérations sur la manière de rendre les mesures
sanitaires et phytosanitaires plus efficaces et opérationnelles étaient
au cour de la présentation sur le CCD réuni en session extraordinaire.
Il a été expliqué que le principal élément de préoccupation était
lié au fait que les mesures visant à accorder davantage de flexibilité,
des périodes transitoires et des règles spéciales aux pays en développement
dans la mise en ouvre des Accords de l'OMC manquaient de précision
ou n'étaient pas obligatoires. Par conséquent, les pays en développement
n'en profitaient pas suffisamment. Les contraintes liées à l'offre
dans les pays en développement ont été évoquées comme le problème
le plus urgent à résoudre dans le contexte des mesures sanitaires
et phytosanitaires. Suivant le mandat de la Conférence ministérielle
de Cancún, les négociations continueraient sur le grand nombre de
propositions en suspens qui avaient été présentées par des pays en
développement. Le Conseil général avait classé les propositions en
trois groupes : i) celles pour lesquelles un accord semblait
possible, ii) celles qui portaient sur des domaines actuellement en
cours de négociation dans d'autres organes de l'OMC et iii) celles
qui faisaient l'objet d'importantes divergences d'opinions.
34. Deux présentations ont abordé le mandat du Groupe
de travail du commerce et du transfert de technologie et les progrès
accomplis dans le CCD. Les membres ont bénéficié d'un aperçu général
sur les notes de synthèses pertinentes de l'OMC et sur les résultats
des réunions de l'Organisation s'y rapportant. Les débats concernant
le travail du CCD ont été centrés ce qu'implique, pour un pays, le
fait de sortir de la catégorie des PMA. De plus, des participants
ont demandé au Secrétariat de l'OMC de compiler davantage d'informations
à ce sujet.
B. Session spécifique du CCD sur les petites économies
35. Il ne fait aucun doute que la session spécifique
du CCD sur les petites économies a constitué un événement marquant
de la Semaine de Genève. Deux propositions y ont été exposées, l'une
ayant été présentée par un groupe de pays en développement sans littoral
[Note 6] et l'autre
par un groupe de petits Etats insulaires en développement [Note
7]. La première proposition demandait un accès en franchise de
droits et sans contingent pour toutes les exportations de biens et
de services en provenance de petites économies et un pourcentage minimum
d'accès avec des contingents tarifaires qui serait réservé aux petites
économies sur les listes d'engagements des membres de l'OMC. De surcroît,
le document préconisait de renforcer l'assistance technique à l'intention
des petites économies concernant la diversification des exportations,
les mesures sanitaires et phytosanitaires et les OTC ; l'intégration
des petites économies dans des programmes du Cadre intégré. Il soulignait
également la nécessité de simplifier les procédures d'accession à
l'OMC pour ces pays. Le deuxième document comprenait des propositions
sur l'exemption des arrangements commerciaux préférentiels au bénéfice
de l'antériorité pour les petites économies ; la création d'autres
arrangements pour traiter le problème de l'érosion des préférences ;
des mesures visant à faciliter les flux d'investissement vers ces
pays ; des exemptions relatives à l'élimination des subventions
à l'exportation et la réactivation des subventions ne donnant pas
lieu à une action. Après les interventions des partisans de ces propositions,
des membres, en particulier des pays développés, ont affirmé leur
engagement afin de résoudre les problèmes auxquels les petites économies
sont confrontées, mais se sont déclarés fermement opposés à la création
d'une nouvelle catégorie de pays, dans la mesure où cela allait à
l'encontre du mandat du Programme de travail de Doha et aurait pour
effet un chevauchement des efforts par rapport à la catégorie des
PMA. Les membres ont demandé des descriptions plus précises des mesures
proposées dans le deuxième document, en particulier concernant les
arrangements envisagés sur les préférences en matière d'investissement
et la réactivation des subventions ne donnant pas lieu à une action.
C. Session d'information de l'ACICI pour les Iles
du Pacifique
36. Enfin, la Session de l'ACICI pour les Iles du Pacifique
a donné l'occasion aux délégués de pays non-résidents de continuer
le débat concernant le programme de travail sur les petites économies,
tel qu'il a été établi dans le Programme de travail de Doha. M. Pierre
Encontre, Conseiller aux affaires économiques à la CNUCED, a brièvement
décrit les évolutions conduisant à l'adoption du concept de petites
économies et a résumé la situation actuelle. De son point de vue,
le caractère vague des termes utilisés dans le Programme de travail
de Doha pour les mesures prescrites, ainsi que le manque de critères
spécifiques de définition, avaient entravé les progrès. Un débat fructueux
a pris place entre les participants, leur permettant de se consulter
les uns les autres quant à la marche à suivre par la suite. La question
cruciale était la suivante : fallait-il présenter des propositions
se référant le moins possible au terme « petites économies »
et employant à sa place différentes catégories, telles que « petits
Etats insulaires en développement », « pays en développement
sans littoral », « pays côtiers » etc. ou cela rendrait-il
plus difficile pour ces pays la mise en commun de leurs forces dans
leur participation aux négociations ? M. Sajal Mathur, Conseiller
aux affaires économiques à la Division des accessions de l'OMC, s'est
exprimé sur l'état des procédures d'accession et l'assistance technique
disponible pour les pays accédants. Les participants ont exprimé la
nécessité de renforcer le soutien dans la sensibilisation des milieux
d'affaires de leurs pays aux avantages liés à+ l'accession à l'OMC.
La Session d'information a permis aux délégués d'échanger leurs expériences
et leurs points de vue, entre eux et avec des spécialistes de la CNUCED,
de l'OMC et de l'ACICI, à un niveau informel.
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