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Rapport de réunion

Avril 2008

Rapport de la Session spéciale de l’ACICI à l’occasion de l’Examen de la politique commerciale de la République de Maurice : « Aide pour le commerce et réforme de l’économie »
25 avril 2008, OMC, Centre William Rappard

I. Objectifs

1. La session spéciale de l’ACICI était organisée à la demande des autorités de Maurice pour compléter l’Examen de leur politique commerciale à l’OMC les 23 et 25 avril 2008. La réunion poursuivait trois objectifs principaux :

  1. présenter le programme de réforme de l’économie lancé par Maurice depuis 2006, ainsi que les résultats déjà obtenus, et les défis restant à relever ;
  2. exposer à la communauté des bailleurs de fonds bilatéraux et multinationaux les besoins de Maurice en matière d’aide pour le commerce et les encourager à les appuyer ;
  3. partager avec d’autres pays en développement l’expérience de Maurice dans la mise en œuvre de réformes et contribuer au dialogue sud-sud.


II. Sujets abordés

2. Les thèmes qui ont constitué l’essentiel des débats sont le Programme de réforme de l’économie, les orientations de la politique commerciale de Maurice, et enfin la nature des besoins en matière d’assistance technique liée au commerce. Après une description des contraintes tant externes (érosion des préférences, fin de l’Accord multifibres, baisse des prix du sucre, augmentation des prix de l’énergie), qu’internes (rigidités structurelles) ayant guidé l’élaboration du Programme, les principes clés de ce dernier ont été énoncés : ouverture, compétitivité et efficacité de l’économie.

3. Le coût du Programme de réforme est estimé à 4 milliards d’euros sur 10 ans. Il est actuellement financé grâce à l’optimisation du système fiscal, l’établissement d’un budget par programme et l’instauration d’un environnement favorable aux investissements et aux affaires. Les effets sur l’économie sont déjà tangibles après 18 mois d’application. En témoignent certains indicateurs tels que le taux de croissance qui se situait à 5,8% en 2007 contre 2,3% en 2005, ou le déficit budgétaire qui a été ramené de 5,3% à 3,8% pour la même période.

4. Le succès des négociations de l’OMC est important pour Maurice. Les résultats doivent inclure un traitement spécial et différencié et des flexibilités additionnelles pour les pays en développement, en particulier pour les petites économies vulnérables, notamment dans les négociations sur les services, l’agriculture et les pêcheries. Toute amélioration de l’accès aux marchés serait cependant vaine sans un renforcement des capacités de production et une réduction des contraintes du côté de l’offre dans les pays en développement.

5. Le Programme de réforme accorde une grande importance à l’intégration régionale. Les projets initiés dans le cadre de la SADC et du COMESA, notamment ceux qui soutiennent les entreprises qui subissent l’impact des réformes, doivent être encouragés. Plusieurs projets intégrateurs ont été présentés récemment à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement. L’ampleur des mesures d’ajustement qu’imposent les réformes nécessite toutefois l’appui de la communauté internationale afin de les mener à leur terme dans les meilleurs délais.

6. Pour sa part, Maurice a le sentiment d’avoir déjà appliqué l’essentiel des recommandations de l’Equipe spéciale de l’Aide pour le commerce. C’est maintenant à la communauté des donateurs de respecter ses engagements et d’appuyer les efforts du pays. La prochaine revue globale de l’Aide pour le commerce prévue en 2009 sera l’occasion d’un premier bilan en la matière.

7. Au cours de la discussion qui a suivi, tous ont reconnu que l’engagement des autorités Mauriciennes constituait un exemple à suivre sur la façon d’opérationnaliser l’aide pour le commerce. La Commission européenne (CE) a fait part de sa disponibilité à soutenir les différents aspects du Programme de réforme. Outre les actions qu’elle mène déjà localement en matière d’infrastructures et d’appui au développement d’énergies nouvelles, la CE s’intéresse également aux aspects sociaux et de démocratisation de l’économie prévus par le Programme.

8. La République populaire de Chine a salué les actions de diversification des partenaires économiques engagées par Maurice. Elle s’est dite prête à apporter sa contribution au soutien dont Maurice a besoin. Le CCI a également exprimé sa disponibilité à soutenir les réformes en cours, tout en insistant sur les économies qu’une approche régionale du Programme permettrait de réaliser. La Suisse, pays dont la taille du marché national et le degré d’ouverture vers l’extérieur sont comparables à ceux de Maurice, examinera avec attention et bienveillance les requêtes de Maurice.

 

 

 
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